RÉGÉNÉRER LES CELLULES

Publié le par boisvert

On a longtemps cru que les cellules du cerveau étaient incapables de se régénérer contrairement aux cellules de la peau, des os, du sang, des intestins et surtout du foie. Certaines cellules du sang se reconstituent au bout de quelques heures, d'autres, comme celles du goût sont renouvelées tous les dix jours, les cellules de la peau tous les 28 jours et même les cellules musculaires se renouvellent, après 15 ans tout de même. Très récemment des chercheurs ont découvert que les cellules du muscle cardiaque se régénéraient alors que l'on croyait jusqu'à il y a peu que le cœur était immuable. Pas au même rythme pour tout le monde, par exemple à 25 ans 1% des cellules du muscle cardiaque sont remplacées chaque année, alors qu'à mon âge (78 ans) ce ne sont plus que 0,5% par an qui sont renouvelées mais il n'est jamais trop tard pour entreprendre une oeuvre de régénération.

Le nombre des neurones n'est pas défini une fois pour toutes, les cellules du cerveau peuvent mourir, mais elles peuvent également se régénérer. On le savait pour l'animal, pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour admettre qu'il en était de même pour l'homme ?

Oui, les cellules du cerveau humain se renouvellent et se différencient tout au long de la vie et cela a été une découverte extraordinaire pour la communauté scientifique parce que le processus de neurogenèse est la solution pour comprendre, ralentir, stopper, et même guérir de nombreux troubles cérébraux. Toutes les maladies dégénératives comme la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson, et autres ne sont plus des maladies sans espoir. Le cerveau est capable de se réparer et d'être plus performant.

Alors pour nous, ce qui importe le plus c'est "comment stimuler cette neurogenèse ?"

C'est notre ADN qui contrôle le processus de la neurogenèse. Pour être plus précis, c'est une protéine appelée " facteur neurotrophique issu du cerveau" (FNIC) qui est codée par un gène localisé sur le chromosome 11. C'est ce FNIC qui est très impliqué dans la production, la croissance et la différenciation des neurones. Par exemple, des études ont montré un taux de FNIC inférieur à la normale chez les malades d'Alzheimer. Mais on retrouve cette déficience dans de nombreuses maladies neurologiques comme l'épilepsie, l'anorexie nerveuse, la dépression, la schizophrénie ou les troubles obsessionnels compulsifs, (TOC).

Alors là encore, comment stimuler cette production de FNIC ? Heureusement ces facteurs sont presque tous sous notre contrôle. Le gène qui code le FNIC est activé par différentes habitudes comme la restriction calorique, le jeûne, la diète cétogène, l'activité physique et l'apport en curcumine et DHA, un acide gras polyinsaturé oméga-3 (Nos petits poissons gras en sont riches).

Les exercices physiques aérobies activent les gènes liés à la longévité et ciblent la protéine FNIC, "l'hormone de croissance" du cerveau, et ainsi ralentissent le déclin cognitif chez les personnes âgées (pourquoi vous croyez que je suis toujours à courir la montagne ?). Les exercices physiques stimulent la croissance de nouveaux neurones dans le centre de la mémoire du cerveau. Conclusion, plus vous bougez plus vous devenez intelligent, donc il n'y a pas que vos muscles qui profitent, votre cerveau sera lui aussi en pleine forme.

La restriction calorique est un autre moyen de stimuler la production de FNIC, et cela, nous connaissons depuis longtemps, surtout depuis ce fou de CORNARO, qui ne mangeait que 1kg de nourriture par jour, boissons comprises. Des études de grande ampleur ont montré que lorsque les animaux suivent un régime hypocalorique (soit environ 30% de moins), la synthèse de FNIC est accrue, donc fonctions cognitives nettement améliorées. Et les études chez l'homme ont confirmé qu'il en était de même, répercussions bénéfiques pour le cerveau. Les résultats de ces études ont été publiées dans des revues scientifiques de renommée mondiale. Par exemple la revue Proceedings of the National Academy of Sciences a publié une étude dans laquelle des chercheurs allemands ont comparé deux groupes de personnes de 65 ans et plus. Un premier groupe avait réduit son apport calorique de 30% et un deuxième groupe témoin. Au bout de 3 mois, on a noté une nette augmentation des facultés de mémorisation chez les personnes sous restriction alimentaire, et légère régression dans le deuxième groupe.

Avec la restriction calorique vous risquez beaucoup moins le genre d'accident comme AVC, ou maladie dégénérative.

Si cet apport calorique a aussi nettement augmenté depuis les années 1970 c'est en partie dû à une grande consommation de sucre. Les Français consomment en moyenne 35Kg de sucre raffiné par an. soit environ 100 grs par jour et par habitant. C'est énorme mais rassurez-vous, les américains, c'est le double.

Le fait de stimuler la synthèse de FNIC diminue la sensation de faim et cela fait donc boule de neige. Moins on mange (production de FNIC), moins on a faim.

Il n'y a pas que la restriction calorique, le jeûne peut lui aussi stimuler cette synthèse de FNIC et donc le jeûne intermittent également.

Les excellents résultats obtenus dans les maladies dégénératives par la restriction calorique ou autres facteurs stimulant le FNIC, s'expliquent par une meilleure fonction des mitochondries (les usines de nos cellules, générateur d'énergie, l'ATP) et un meilleur contrôle de l'expression des gènes. Ces mitochondries possèdent leur propre ADN et jouent un rôle fondamental dans les maladies dégénératives notamment la maladie d'Alzheimer, et dans certaines formes de cancer. De plus, la restriction calorique bloque les facteurs inflammatoires et augmente la production d'antioxydants, ces défenses naturelles de l'organisme.

La restriction calorique active une molécule, la sirtuine-1 (SIRT1), qui régule l'expression des gènes. Cette sirtuine-1 stimule une enzyme qui dégrade l'amyloïde qui arrive à produire des plaques amyloïdes que l'on retrouve dans le cerveau des sujets atteints de la maladie d'Alzheimer. Cette sirtuine-1 réduit également l'inflammation. De plus elle favorise la synthèse de FNIC et donc stimule les fonctions d'apprentissage et de mémorisation.

Vous avez compris, mangez moins, moins de glucides, et votre cerveau deviendra de plus en plus performant.

Fernand Joubert

Source : Ces glucides qui menacent notre cerveau de Dr David PERLMUTTER, Editions Marabout

Tags : Sirtuine-1, antioxydants, cancer, maladie d'Alzheimer, mitochondries, jeûne, jeûne intermittent, AVC, restriction calorique, Cornaro, activité physique, déclin cognitif, longévité, diète cétogène, cellules du cerveau, FNIC, inflammation.

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Viviane 08/05/2016 23:32

Bonjour
J aimerais à nouveau recevoir votre lettre du dimanche.s il bous plait.meme si je ne parvirns pas a appliquer vos bons conseils .déjà de vous lire ça me fait du bien et ça m encourage. Merci de me reabonner.vivi.

Boisvert 09/05/2016 06:42

Bonjour Viviane,
C'est à vous de vous réabonner, moi je ne peux pas. Vous avez tout sur le blog.

Pierre 26/04/2016 08:12

Merci Fernand !

Je pars muscler mon cerveau !

;-)

@+

Pierre

Ps : ton vivere parvo résumait déjà tout !

ghislaine 24/04/2016 12:05

Bonjour, je "sors" tout doucement d'une cruralgie et je voudrais détoxifier mon corps après la prise de morphine, AINS, codéine, cortisone etc. Que me conseillez-vous? Je voudrais également pratiquer le jeune intermittent mais je ne sais pas comment. Pouvez-vous me guider s'il vous plait?
Cordialement

Thierry 24/04/2016 14:39

Detox morphine et autres voir lavement au café ( chez Dogna je crois )

Boisvert 24/04/2016 12:18

Bonjour Ghislaine,
Pour le jeûne intermittent, rien de plus facile vous sautez le petit déjeuner. 2 repas seulement Midi et soir. Pour se détoxifier le mieux serait d'instaurer une monodiète au repas du soir pendant le temps que vous pouvez tenir et ce serait pas mal. Par exemple Que des pommes cuites au repas du soir. Pour encore mieux se détoxifier, une petite cure d'argile buvable le matin au réveil pendant une quinzaine de jours, voilà des pistes.
Bon dimanche !