Le 2ème COEUR

Publié le par boisvert

N'ayez crainte je ne suis pas l'inventeur d'un 2ème coeur. Ici, je voudrais laisser parler le docteur David Servan-Schreiber dans son livre "GUERIR" le stress, l'anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse. Cela fait suite à l'article qui traite des mensonges sur la dépression, et prouve bien ainsi qu'il y a des méthodes moins polluantes et tout autant scientifiques.
Tout d'abord laissez-moi vous dire toute l'admiration que j'ai pour ce savant médecin qui a su garder les yeux ouverts malgré la formation qu'il avait reçu. Je le cite : "J'avais l'impression de ne plus apprendre que des recettes (pour telle maladie, faire tel et tel test, et utiliser les médicaments A, B et C à telles doses pendant tant de jours... Je trouvais cela trop éloigné de l'esprit de questionnement permanent et de la précision mathématique qui m'est devenue familière.
Aprés un voyage en Inde..."pour la première fois,  j'ai commencé à me poser des questions sur le mépris des médecines traditionnelles qu'on m'avait inculqué au cours de mes années d'études....Le palmarès de la médecine occidentale est inégalé pour les maladies aiguës telles que la pneumonie, l'appendicite et les fractures. Mais il est loin d'être exemplaire en ce qui concerne les maladies chroniques, y compris l'anxiété et la dépression.....le monde scientifique dans lequel j'évoluais décourageait tout intérêt pour ces techniques"hérétiques". Elles étaient l'apanage de charlatans et à ce titre ne méritaient pas l'attention de véritables médecins, encore moins leur curiosité scientifique....Au cours des mois et des années suivants, j'ai appris à ouvrir mon esprit à de nombreuses autres manières de soigner, et j'ai découvert, à ma grande surprise, qu'elles étaient non seulement plus naturelles et plus douces, mais aussi souvent plus efficaces.... Les études cliniques suggèrent que 50% à 75% de toutes les consultations chez le médecin sont motivées avant tout par le stress, et que en terme de mortalité, le stress est un facteur de risque plus grave que le tabac.... Le reflexe de prescription est devenu tellement généralisé que, si une patiente pleure devant son médecin, elle est pratiquement sûre de se voir proposer une ordonnance pour un antidépresseur."
Et c'est ainsi qu'il s'est penché sur le fonctionnement du cerveau et qu'il a complètement dissocié le cerveau en 2 parties bien distinctes : Le cortex, ce cerveau, qui pense, qui analyse, qui donne des ordres réfléchis, responsable du langage et de la pensée, celui aussi qui détermine votre Q.I., et puis ce cerveau qu'il a appelé le "cerveau émotionnel" ou cerveau limbique qui est semblable chez tous les mammifères et qui prend en charge les émotions et les réactions de survie. Ce cerveau émotionnel est situé au plus profond de notre cerveau et au plus profond de ce cerveau se trouve l'amygdale, un noyau de neurones à l'origine de toutes les réactions de peur.
Les désordres émotionnels sont la conséquence de dysfonctionnement de ce cerveau émotionnel. Ils ont pour origine des expériences douloureuses vécues dans le passé, sans rapport avec le présent,  mais qui se sont imprimées de façon indélébile dans le cerveau émotionnel...La tâche du psychothérapeute est de "reprogrammer le cerveau émotionnel. A cette fin il est souvent plus efficace d'utiliser des méthodes qui passent par le corps et influent directement sur le cerveau émotionnel plutôt que de compter sur le langage et la raison auxquels il est peu perméable. Le cerveau émotionnel possède des mécanismes d'autoguérison : il s'agit de capacités innées à retrouver l'équilibre et le bien-être comparables à d'autres mécanismes d'autoguérison du corps.
Et pour étayer son propos il cite Einstein : "Nous devons faire attention de ne pas faire de l'intellect notre Dieu ; Il a bien sûr des muscles puissants, mais pas de personnalité ; Il ne peut pas commander, seulement servir".
Sans émotions, la vie n'a pas de sens. Qu'est-ce qui donne du sel à notre existence sinon l'amour, la beauté, la justice, la dignité, l'honneur.
Il est curieux de constater qu'en principe ceux qui ont un Q.I. élevé réussissent dans la vie et qu'en fait ceux-là ne réussissent que dans les proportions de 20% seulement si cette intelligence n'est pas accompagné par une forme d'intelligence émotionnelle, qui peut se définir ainsi :
1) L'aptitude à identifier son état émotionnel et celui des autres.
2) L'aptitude à comprendre le déroulement naturel des émotions
") L'aptitude à raisonner sur ses propres émotions et celles des autres
4) L'aptitude à gérer ses émotions et celles des autres
Ces 4 aptitudes sont les fondements de la maîtrise de soi et de la réussite sociale. Chacun est persuadé de les posséder, mais c'est loin d'être le cas. La plupart des spécialistes de la nutrition et de l'obésité sont d'accord sur ce point : la mauvaise gestion des émotions est une des principales causes de la prise de poids dans une société où le stress est omniprésent et la nourriture trop abondante. Ceux qui ont appris à maîtriser le stress n'ont généralement pas de problèmes de poids, parce que ce sont les mêmes qui ont appris à écouter leur corps et à y répondre avec intelligence.
Le traitement de l'information par le cerveau émotionnel est beaucoup plus primitif que celui effectué par le cortex, mais il est plus rapide et plus réactif. ET Servan-Schreiber cite un exemple : si vous êtes dans un bois, un morceau de bois sur le sol qui ressemble à un serpent peut vous faire effectuer un bond par une réaction de peur. Mais le reste de votre cerveau va finalyser l'analyse et conclure qu'il s'agit d'un objet inoffensif et calmer le coeur et la respiration qui se sont emballés. Ce cerveau émotionnel est donc instinctif.
Ce cerveau émotionnel est un poste de commande qui reçoit continuellement des informations de différentes parties du corps et y répond de manière appropriée en contrôlant l'équilibre physiologique : la respiration, le rythme cardiaque, la tension artérielle, l'appétit, le sommeil, la libido, la sécrétion des hormones, et même le fonctionnement du système immunitaire sont sous ses ordres. Le cerveau émotionnel est donc presque plus intime avec le corps qu'il ne l'est avec le cerveau cognitif. Et c'est pour cette raison qu'il est souvent plus facile d'accéder aux émotions par le corps que par la parole.
Sous l'effet d'un stress important, le cortex ne répond plus et perd sa capacité à guider le comportement. Du coup, ce sont les réflexes et les actions instinctives qui prennent le dessus. Lorsque nos émotions sont trop à vif, cette préemption du cerveau émotionnel sur le cognitif commence à dominer notre fonctionnement mental. Nous perdons alors le contrôle du flux de nos pensées et devenons incapables d'agir au mieux de nos intérêts.
Contrairement au QI du cerveau cognitif qui évolue trés peu au cours de la vie, l'intelligence émotionnelle, elle, peut être cultivée à tous les âges. Il n'est jamais trop tard pour apprendre à mieux gérer ses émotions. Il s'agit d'optimiser le rythme du coeur pour résister au stress, contrôler l'anxiété et maximiser l'énergie vitale qui est en nous. C'est la première clé de l'intelligence émotionnelle.
Les chercheurs ont découvert que le stress est un facteur de risque plus important encore que la cigarette en ce qui concerne les maladies de coeur. On a aussi appris qu'une dépression consécutive à un infarctus prédit le décés du patient dans les 6 mois suivants avec plus de précision que toute autre mesure de la fonction cardiaque. A chaque instant, l'équilibre de notre coeur influence notre cerveau. Certains cardiologues et neurologues vont même jusqu'à parler d'un système coeur-cerveau indissociable.
La relation entre le cerveau émotionnel et le "petit cerveau" du coeur est une des clés de l'intelligence émotionnelle. En apprenant à contrôler notre coeur, nous apprenons à apprivoiser notre cerveau émotionnel et vice-versa. Car la relation la plus forte entre le coeur et le cerveau émotionnel est celle établie par ce que l'on appelle le "système nerveux périphérique autonome", c'est à dire la partie du système nerveux qui régule le fonctionnement de tous nos organes, lequel échappe à la fois à notre volonté et à notre conscience. Ce système nerveux autonome est constitué de 2 branches : la branche dite "sympathique" libère l'adrénaline et de la noradrénaline. Elle contrôle les réactions de combat et de fuite. Son activité accélère le rythme cardiaque. L'autre branche, dite "parasympathique" libère un neurotransmetteur différent qui accompagne les états de relaxation et de calme. Son activité ralentit le coeur. Le frein et l'accélérateur, en quelque sorte. Et des études publiées sur le Lancet, la revue incontestable et de référence, affirment que lorsque la variabilité a disparu, lorsque le coeur ne répond plus à nos émotions et, surtout, lorsqu'il ne sait plus "freiner", la mort approche. Différentes études ont établi que ce sont les émotions négatives, la colère, l'anxiété, la tristesse, et même les soucis banals, qui font chuter la variabilité cardiaque et sèment le chaos dans notre physiologie. A l'inverse, d'autres études ont montré que ce sont les émotions positives, la joie, la gratitude et, surtout, l'amour, qui favorisent le plus la cohérence. En l'espace de quelques secondes, ces émotions induisent une onde de cohérence qui est immédiatement apparente sur l'enregistrement de la fréquence cardiaque.
La conclusion que l'on peut tirer des études sur les bienfaits de la cohérence cardiaque est qu'au lieu d'essayer d'obtenir des circonstances extérieures idéales, ce que nous n'obtiendrons jamais, il faut commencer par contrôler l'intérieur : notre physiologie.

Pour la physiologie nous avons déjà vu plusieurs éléments qui sont fondamentaux comme le sport et l'activité physique en général qui provoquent la production d'endorphines, les oméga 3 qui sont si bénéfiques à ce cerveau émotionnel, et l'équilibre oméga 3 - oméga 6 qui penche dangereusement en faveur des oméga 6 qui ont tendance à provoquer des processus inflammatoires, et l'alimentation frugale dont nous avons déjà parlé, qui lui permettent d'accomplir sa tâche dans de bonnes conditions. Il y a aussi la lumière qui agit par l'intermédiaire de l'oeil sur l'hypothalamus cette glande endocrine qui, bien que trés petite, régit la sécrétion de toutes les hormones du corps. Et par voie de conséquence agit sur l'appétit, la libido, le sommeil, les cycles menstruels, la température, le métabolisme des graisses, et surtout, l'humeur et l'énergie de l'action.
On se rend compte que tous ces éléments que le docteur Servan schreiber cite, et qui influencent favorablement ce cerveau émotionnel, nous en avons déjà parlé, même si nous n'avions pas de mesures scientifiques pour en attester comme cet excellent chercheur.
Comment obtenir la cohérence cardiaque ?
La meilleure façon d'y parvenir est de commencer par prendre 2 respirations lentes et profondes. D'emblée, celles-ci stimulent le système parasympathique et font un peu pencher la balance du côté du "frein" physiologique. Pour que leur effet soit maximal, il faut laisser son attention accompagner le souffle tout au bout de l'expiration et la laisser faire une pause de quelques secondes avant que l'inspiration suivante ne se déclenche d'elle-même.
Pour maximiser la cohérence cardiaque, il faut, aprés 10 ou 15 secondes de cette stabilisation, reporter consciemment votre attention sur la région du coeur dans votre poitrine. Imaginez que vous respirez à travers le coeur. Tout en continuant de respirer lentement et profondément, il faut visualiser chaque inspiration et chaque expiration traversant cette partie si importante de votre corps. Imaginez que l'inspiration lui apporte, au passage, l'oxygène dont elle a tant besoin, et que l'expiration la laisse se défaire de tous les déchets dont elle n'a plus besoin.
La 3ème étape consiste à vous connecter à la sensation de châleur et d'expansion qui se développe dans la poitrine, de l'accompagner et de l'encourager avec la pensée et le souffle. Essayez d'accompagner ces exercices, de pensées joyeuses ou de sérénité (un beau paysage, un moment de joie, un souvenir trés agréable, etc...)

Je remercie le docteur David Servan-Schreiber pour toutes ces recherches qui vont dans le bon sens et qui dénotent un esprit extrêmement ouvert. Je ne sais comment le contacter pour lui demander la permission de mettre en ligne quelques passages de son bouquin, mais j'espère qu'il me pardonnera s'il l'apprend.

Publié dans santenature

Commenter cet article

rochelle 14/01/2010 07:55


Bonjour et très bonne année cher Monsieur,
Merci encore pour vos articles.
Ci-après le lien du site de DSS

http://www.guerir.org/


boisvert 14/01/2010 08:07


Bonjour,
Un correspondant me l'a déjà donné dans un précédent commentaire et je suis allé le voir il est en effet extrêmement intéressant, surtout lorsque l'on sait que le Dr DSS est un chercheur et un
scientifique de premier plan.
En tous cas merci et je vous souhaite également une trés bonne année.


ac63610 12/01/2010 23:04


Tout à fait d'accord avec vous en ce qui concerne David Servan-Schreiber, vous pouvez vous rendre sur son blog à cette adresse, il y a toujours mille et une choses à apprendre :
http://www.guerir.org/ , c'est un médecin qui a ouvert les yeux, la preuve que cela peut exister :-))


boisvert 13/01/2010 06:41


Il a établi des preuves scientifiques que les méthodes naturelles sont efficaces, chose extrêmement rare, car ces messieurs ne se penchent que trop rarement sur ces théories de charlatans comme
David Servan schreiber le dit lui-même. Et entendre parler un scientifique de toutes ces choses naturelles c'est un réel bonheur pour moi.
Bonne journée !