L'ANOREXIE MENTALE

Publié le par boisvert

 

 

L’anorexie est un mal-être ingrat à la fois sournois - dérangeant - fascinant et parfois mortel, qui reste difficile  parfois impossible à accompagner, à comprendre et à traiter.

Le premier cas rapporté daterait du XIème siècle avec AVICENNE médecin et philosophe musulman.

Au Moyen-âge, on évoque « les Saintes Anorexiques » dont Sainte Catherine de Sienne. Il s’agit de communautés religieuses mythiques où le jeûne est pratiqué dans le but de se couper de la matérialité et du monde profane. Les médecins de l’époque nomment ce comportement : Anorexia mirabilis = perte « miraculeuse » de l’appétit

L’impératrice d’Autriche Sissi (1837 – 1898) en sera un autre exemple.

le 27 janvier 1995 ce sera la fin tragique de Solenn Poivre d’Arvor (fille d’un journaliste célèbre) à l’âge de 19 ans qui permettra d’inaugurer en 2004  un établissement spécial de soins « La Maison de Solenn »

Déjà à partir de 1873 le problème commence à être regardé d’un point de vue médical. Il faudra attendre les années 50 pour voir l’anorexie envisagée sur un côté psychique (anorexie mentale).

L’anorexie reste un sujet tabou et honteux que la plupart des gens ne comprennent pas. Bien qu’elle soit le reflet d’un état pathologique autant psychique que physique, elle n’est pas toujours reconnue comme tel.

L’anorexie  se caractérise par une restriction de l’alimentation parfois drastique, une perte de poids avec aménorrhée chez la femme en pouvant être associée parfois à des épisodes de boulimie.

Comment la percevoir ou la définir :

- un mal sans nom ?

- la fin d’un état comme par exemple la fin de l’enfance avec un passage difficile vers l’étape de vie suivante ?

- un moyen de prendre le pouvoir sur soi-même – sur le Monde face à l’impuissance de maîtriser un événement de vie? Car il est reconnu que le désir de contrôle de soi et de perfection masque une faible estime de soi, des peurs multiples avec un grand sentiment de honte et de culpabilité.

- une façon d’exprimer ses peurs, de cacher ses hontes ou de se séparer de l’Existant ?

- une plainte non entendue ?

- une étape pour renaître ?

- quelle force irrésistible pousse à l’autodestruction lente et inéluctable ?

- comment s’installe cette terrible fascination pour la souffrance et sa domination?

- comment arrive-t-on ensuite aux portes de la folie et de la mort ?

- comment parvient-on finalement à l’état « squelette pour exister» ?

- quel déclic permettrait alors de ne pas franchir le seuil extrême?

 

Ce mal mystérieux (majoritairement féminin) ouvre à de multiples voies qu’il est nécessaire de tenter d’approfondir. En voici quelques-unes :

 

1 – Vouloir au départ seulement perdre du poids…

Pour par exemple décourager certaines remarques dans le but de ne plus être remarquée voire même de passer « inaperçue » :

Chez un sujet fragilisé psychiquement ou déstabilisé par un choc émotionnel voire un important manque affectif  (cf. Paragraphe 2 - Faim d’amour) certaines réflexions extérieures concernant des « petits défauts » ou alors de « jolies rondeurs » pourraient déclencher inconsciemment un désir de vouloir les dominer et les corriger de manière parfaite et radicale afin de pouvoir continuer à vivre décemment inaperçue et tenter de s’accepter.

C’est alors que commencent les privations alimentaires couplées parfois à des exercices physiques et/ou des heures de travail, d’études voire aussi de lecture supplémentaires etc…. pour mieux lutter et contrer les sensations de faim du départ le temps que l’organisme s’adapte et ne réclame plus à manger. C’est alors que la sensation hypnotique fascinante de victoire prend toute sa place par un esprit plus fort que la chair qui se nourrit virtuellement et spirituellement.

Vouloir perdre du poids - y parvenir – connaître le plaisir de dompter son corps sont les preuves qu’il est possible de dominer ses instincts en acquérant une certaine jouissance obsessionnelle victorieuse.

Réussir à trouver imparablement des dérivatifs à l’alimentation qui, au départ certainement, seraient mises en place par l’organisme pour « s’auto soigner » suite à une « invasion toxique » comme agirait  un jeûne thérapeutique mais avec la différence que ce dernier pourra aller jusqu’à l’extrême limite, c’est-à-dire la mort, le problème n’étant jamais dévoilé ni résolu.

Car à l’inverse d’un jeûne instauré pour guérir de nombreuses pathologies, l’anorexie finira par amener un état de maladie par incompréhension ou non identification du véritable « MAL ».

 

2 - Faim d’amour – appel au secours - appel de l’âme… 

Quelle meilleure thérapie sinon l’amour ?

Pas besoin de longs discours ni de multiples cadeaux offerts, aimer c’est simplement permettre d’exister.

Car l’amour n’est qu’une seule et même énergie sous divers aspects : c’est la même qui s’incarne sous le plaisir charnel que celle qui amène à la célébration et à la compassion….passer de l’amour par le contact à l’amour par la communion.

L’amour n’est pas qu’un « lit de roses » en étant fait d’une multitude de vies et de morts se succédant : le corps physique est un lieu sacré d’apprentissage pour normalement parvenir à faire naître un amour véritable « indestructible ».

Puisque l’amour est éternel, la mort ne devrait donc pas être crainte.

Lorsque cet Amour sous quelle forme que ce soit est manquant dans la vie d’un être, l’anorexie pourra être un moyen de manifestation du vide intérieur.

 

3 - Envie de vomir – vomir son passé – vomir pour se débarrasser de certaines choses insupportables…. 

L’anorexie qui survient après des événements subis sera parfois associée à un besoin de se faire vomir.

Même si l’on sait que c’est dangereux et que l’on souhaite arrêter, la colère, la souffrance et la tristesse avec dans ce cas l’angoisse de mourir pousse à « survivre » en s’alimentant un peu et en rejetant les aliments dès que possible pour ne pas dire aussitôt.

La sensation d’être épié(e) ou pris(e) sur le fait rajoute encore à l’état de mal-être et de mauvaise considération de soi-même…. On ne plaît plus et surtout on ne s’aime plus…..

Des événements mal vécus ont détruit la bonne image que l’on se faisait de soi-même.

Au lieu de se battre, on s’isole, on se ferme, on n’accepte plus de se nourrir pour faire vivre son corps ou alors « on fait semblant de se nourrir» pour aller vomir ensuite, on baisse les bras et on s’enfonce doucement mais sûrement.

 

4 – Emotions refoulées 

« Les larmes sont des filets d’eau qui conduisent quelque part. Elles portent et emportent le bateau de l’âme vers son sanctuaire. Il y a des océans de larmes qui n’ont jamais été versés car ils n’on jamais été autorisés : ces larmes non exprimées sont les plus dangereuses  car elles font sauter les verrous de la porte de la sensibilité » (d’après les écrits de Emma GRILLET auteure de « L’anorexie au sein de l’âme »).

L’anorexie pourra alors trouver sa place dans le lit de ce « ruisseau sans larmes ».

 

Les ténèbres

 

 « Deux cannes » en guise de jambes, un teint transparent, des doigts bleutés, des cheveux rares, des règles absentes, le froid intérieur etc….…

Font disparaître progressivement toutes  sensations corporelles, tout désir, tout besoin….

Au point que l’engagement dans ce combat ne peut plus s’arrêter.

Se peser 2 fois minimum par jour - mentir sur le poids réel – surtout ne rien dire – compter les aliments « que l’on s’autorise » – il faut que ça ne tienne pas de place, que le ventre ne gonfle pas, qu’il soit et qu’il reste bien creux….

L’important c’est cela : ne pas prendre de place, ne pas encombrer, ne pas déranger, rentrer dans sa coquille, disparaître à l’intérieur de soi, devenir une miniature…..

Il ne s’agit pas seulement d’un refus de s’alimenter mais plutôt d’une impossibilité à se nourrir.

Regarder qui l’on est pour se corriger poussé par une voix intérieure impérieuse : « on ne le fait pas exprès mais on ne peut plus manger car un jour la balance ou son miroir ont dit « que ce n’était pas acceptable » à ce moment-là »….

Mais aujourd’hui on pèse bien moins qu’à ce moment-là mais  on ne peut plus s’arrêter…..

Alors qu’avant on était cité(e) en exemple pour un certain amour de la table et un « bon coup de fourchette »!

Une prison avec d’un côté l’assiette associée à la perte de notions réelles et de l’autre côté une voix qui juge et interdit.

Incompréhension soumise couplée parfois à une peur de la folie…..

Même si l’on se rend compte que ça ne va pas, il vaut mieux se taire car de toute façon la tête est de plus en plus vide et les connexions avec le monde normal se perdent.

« La voix intérieure » est toujours là pour rappeler à l’ordre en imposant l’obéissance!

C’est cette lutte perpétuelle qui amène également des cauchemars nocturnes en cas de non respect des règles établies….

 L’anorexie hypnotise si aveuglément le sujet concerné qu’il ne comprendra pas pourquoi l’entourage rendu à l’évidence de l’impuissance s’inquiète.

Il désire continuer envers et contre tout persuadé qu’il est dans la bonne voie et ne voyant rien d’autre que la réussite de ses objectifs.

Pas besoin ni surtout envie de l’aide d’autrui, rester droit et autonome !

Toute perte de contrôle sur la nourriture serait un échec catastrophique sur la Vie….

Le côté effrayant et paradoxal réside dans le fait qu’il ne reste plus que la peau sur les os mais dans cette carcasse d’os on se sent « solide » et « en sécurité » : plus d’appréhension d’être attaqué(e) par l’extérieur.

Une plaie vivante et béante s’installe - au milieu des souffrances d’un corps affligé et celles d’une âme esseulée non épaulée ni comprise -  en absorbant tout au point de chercher l’ultime moyen de se prémunir comme par exemple enlever sa chair pour la préserver et ne plus souffrir déjà de ce côté-là.

Chaque gramme perdu = des meurtrissures en moins par perte d’une partie de soi-même. On est bien dans ses os en étant fermé à tout le monde mais là au moins sa vie semble « garantie » abritée par l’ossature….

Alors qu’on parle de menace de mort, le sujet anorexique aurait plutôt l’impression d’enfin exister.

Même s’il ne cherche pas la mort, maintenant qu’il a « l’impression de se protéger et celle de pouvoir exister » il ne peut plus renoncer à son autonomie quitte à en mourir quand même…….car selon lui, l’entourage n’a finalement rien à craindre !

Il a tout fait pour  ne plus avoir mal dans son être et dans son corps et maintenant il lui semblerait « qu’il va bien »… Un couteau peut percer la chair mais il ne peut pas percer l’os ni scier le squelette ! Donc il n’y a plus de problème.

Il est clair qu’à ce stade des intelligences « supérieures » ont pris le pouvoir sur l’être : l’infime innocence face à l’infime manipulation.

Ne porter plus que son squelette met en évidence un autre problème, celui du FROID : un froid permanent, intense qui semble venir de l’intérieur - « froid aux os » - un froid qui ressemble à la mort ! Se couvrir de moult épaisseurs ne corrige pas cette horrible sensation.

Le froid est là plus fort que le désir de cachexie - plus fort que le stratagème inventé pour justement ne plus souffrir….

A ce moment critique et crucial, le sujet concerné souhaiterait alors être rassuré, entouré, calmé et il essaiera alors peut-être d’appeler.

C’est d’ailleurs souvent à ce moment que l’appel au secours pourra parfois être entendu….

C’est lorsque l’on traduit sa peur et les non-dits  en osant à nouveau parler ou crier que l’on peut être aidé.

Heureusement, les troubles du comportement alimentaire ne sont pas tous des cas désespérés.

Le franchissement du seuil extrême reste cependant assez rare.

En présence d’un danger extrême, poussé par une « force vitale inconsciente », un « chambardement » instauré grâce aux lois de Dame Nature se prépare obligatoirement et silencieusement dans les abysses jamais visitées de l’être « en perdition » dont l’âme agonise avec une voix presque inaudible mais encore présente.

Une lumière représentant une parcelle du « Divin » présente au fond de chaque être parvient alors à crier : « Libère-moi » !

L’être humain pense qu’il est contraint de reproduire des comportements qui peuvent faire mal car il n’a justement pas conscience qu’ils font mal….

Or son âme possède toujours cette profonde conscience et  sagesse des lois universelles de la vie.  

Elle souffre de la maltraitance que l’homme se fait ou inflige aux autres. L’ « Indestructible » vient alors au secours de l’âme en n’acceptant pas cette situation de destruction de vie et en appelant à la recréation.

La divine étincelle dans les abysses de l’être existe bel et bien…

Elle mènera à une seconde naissance.

Du fond des entrailles, la voix de la guérison indique à chaque être de descendre dans son propre coeur pour entendre le discours de la protection et de l’amour et la perte de l’idée  l’abandon qui n’était qu’une fausse et très néfaste impression.

Car dans chaque vie, il n’y a pas de faux ou de mauvais chemins mais seulement des chemins discordants parsemés de divers obstacles à franchir et de merveilles différentes….

La rencontre avec le Divin change la façon dont un être perçoit sa vie en stoppant alors la perte de poids.

Cette lueur est appelée à devenir lumière, ce qui signifierait que l’on puisse trouver son être spirituel grâce à l’anorexie en comprenant que l’on n’est pas délaissé par le Sacré.

En creusant cet état spécifique, en plongeant au plus profond de la souffrance et des conflits de pouvoir et d’existence, il serait alors possible d’atteindre ce message de l’anorexie : toucher l’essence de l’être c’est-à-dire le Divin.

 

L’heure de la Renaissance

La VIE n’est pas réservée à une seule catégorie mais à tout être sur cette Terre.

Rien n’arrive par hasard…..

L’anorexie permet de se couper du monde vivant lorsqu’un événement quelconque de vie deviendrait insupportable.

Devenir anorexique c’est « flirter » avec la mort.

Au début nul n’en a réellement conscience mais ensuite on peut entrevoir que la mort était acceptable et que l’on aurait peut-être été libéré….

C’est un état très difficile à porter même après un retour à la vie normale.

L’anorexie c’est :

- la faim de contact, faim d’amour, faim de nourriture spirituelle

- la soif de vraies valeurs, d’authenticité, de perfection

- le désir de total contrôle, de réussite, de justice

- la non acceptation ou la peur d’avouer des événements de vie, le refoulement d’émotions trop fortes etc….

Qui coupent alors toute envie de toute nourriture terrestre.

 

A la sortie des ténèbres, au retour à la lumière du monde des vivants, Il sera donc nécessaire de reprendre progressivement contact avec l’alimentation de façon à regarnir le « squelette carapace ».

Il sera aussi temps d’arrêter de jouer « les faux semblants » et de faire croire que tout va bien car c’est justement le contraire qui s’est produit.

 

L’aide d’un médecin psychologue sera souvent nécessaire. Ce dernier devra alors faire preuve d’une qualité d’écoute spécifique et honnête (en évitant surtout de chercher un côté palliatif dans des médications chimiques) afin que le sujet en « renaissance » puisse:

- comprendre les raisons du basculement

- prendre conscience de sa réelle existence

- apprendre à sortir enfin de son « squelette carapace »

- identifier les entités* qui s’affrontent en son intérieur pour lui permettre d’arrêter le combat et de panser la déchirure (*Anorexia et Mondémia pourraient représenter les 2 voix du clivage en soi – Anorexia qui donne des conseils de prudence et Mondémia qui pousse aux extrêmes)

- parler sans honte de ses craintes, des refoulements forcés

- évoquer les blessures du passé et le mal-être

- accepter que les faits soient obligatoirement mis en lumière pour pouvoir commencer à guérir («  L’inconscient est ténèbres, le conscient est lumière – les ténèbres c’est du non encore lumière » Annick de Souzenelle)

- faire entendre sa colère – ses rancœurs – ses incompréhensions

- pouvoir cultiver enfin sa propre et vraie personnalité

- apprendre à identifier les bonnes mains tendues et les vraies valeurs de vie

- poser les jugements, les idéaux infondés, les soumissions inutiles, les non-dits, les peurs

 

- faire preuve de tolérance à tous les niveaux

- apprendre à accepter et accepter et même à pardonner (soi et autrui)

- devenir capable de ne plus se faire ou faire de reproches

- découvrir la confiance et l’amour de soi pour pouvoir ensuite de nouveau aimer les autres

- penser et admettre que l’on peut et que l’on a aussi le droit d’être aimé

- réapprendre à parler – à communiquer et bien évidemment à manger un peu pour « REVIVRE » en sachant que cela sera difficile

- admettre également qu’un certain poids de forme vital sera à l’objectif à atteindre - en ayant pris conscience et reconnu que ce poids devra rester limite inférieur pour ne pas « retomber »…..Car un ancien sujet anorexique souhaitera (la plupart du temps) rester léger pour ne pas vivre dans un corps qui le gênerait… la rémission n’étant jamais totalement assurée parce que ce « squelette »  étant mort à une certaine vie, son rapport à l’alimentation restera particulier…..

 

Souffrance

 

L’anorexie plonge le « malade » à 100% dans la souffrance.

« Or c’est quand les souffrances sont dites qu’elles deviennent guérisseuses »

La souffrance est un passage de vie :

- il est possible de la traverser en conscience ou en inconscience

- il est aussi possible de la traverser les yeux ouverts (en lumière) ou les yeux fermés (en ténèbres)

C’est un choix mais c’est aussi la capacité que chaque être a en lui de regarder en face les événements de sa vie.

On constate actuellement que la société est « fascinée » par la souffrance.

La médiatisation n’est aujourd’hui que drames et catastrophes.

Cette société reconnaît donc essentiellement les malheurs. Il semblerait donc essentiel qu’un sujet agence sa vie en désastre pour être reconnu comme ses semblables….

Parallèlement en conséquence il vivra et ressentira la douleur qui émane de ces événements dramatiques…

Si au contraire la collectivité reconnaissait davantage les actes de cœur, il y aurait certainement plus d’êtres qui cultiveraient les événements d’amour, de beauté, de bonté….et moins de sujets en déroute.

 

Comment tendre la main à l’être malade pour l’amener à renaître ?

Beaucoup de questions sont soulevées face à ce trouble de comportement alimentaire.

Constater que son enfant ou son conjoint se fait vomir – retrouver des boîtes de laxatifs dans sa chambre - voir la minceur puis la maigreur s’installer – devenir les conspirateurs de la victime afin de dissimuler la vérité aux parents …..

Tout cela représente un choc et des tensions au sein d’une famille, chaque membre étant impliqué de manière différente.

L’être malade refuse de reconnaître le statut de la maladie. Pourtant il souffre et  risque de devenir dépressif  voire suicidaire.

Et s’ils ne sont pas traités ces troubles pourront devenir chroniques en mettant la santé et la vie du sujet en danger….

Sans comprendre ce que vit l’être en déroute, il sera difficile de l’aider.

Face à une telle détresse, l’entourage se sent impuissant.

Lorsque l’on découvre le problème, il est très difficile d’évoquer le sujet avec l’être atteint.

Comment parvenir à briser le mur du silence ?

Car c’est la maladie qui est à blâmer et non la personne anorexique elle-même.

Il est nécessaire de comprendre que la personne souffre.

Elle est très émotive et canalise ses émotions négatives en un mécanisme destructeur sans en prendre réellement conscience.

Il est nécessaire redoubler d’attention en évitant les commentaires malheureux du genre :

« Tu as encore perdu du poids ! » - «  As-tu vu ta mine, serais-tu malade ? » « Tu es beaucoup trop maigre ! » « Vas-tu enfin manger ! » « Pourquoi refuses-tu de manger ? » « Pourquoi nous infliges-tu cela ? » « Tu rends tout le monde malheureux ! »

Ou à l’inverse,  en totale hypocrisie:

«Tu as une mine superbe ! »  - « tu es resplendissante dans cette tenue »

Surtout ne pas forcer à manger une personne souffrant d’un trouble du comportement alimentaire au risque d’aggraver la situation, l’action de manger amplifiant son sentiment de culpabilité….

Néanmoins il est important de ne pas fermer les yeux sur ces comportements « anormaux » car d’une certaine manière, ce serait les encourager.

Si la personne semble montrer des signes physiques sans toutefois accepter de l’aide,  rechercher éventuellement des coordonnées de spécialistes (aide extérieure) en les gardant sous le coude pour pouvoir les proposer à un moment fortuit ou opportun.

Le sujet anorexique est un « écorché vif ».

Par conséquent il relèvera tout geste ou toute parole le concernant et pourra répondre par l’isolement et la colère.

L’obstination et la ténacité faisant partie des caractéristiques de l’anorexie, le traitement pourra commencer si le sujet l’a décidé (cf. L’heure de la renaissance – page 5)

Donc pas de propos alarmistes, pas de contrition ni de pitié !

Seulement des paroles et des gestes aimants en parlant avec la personne dans un endroit privé et paisible propice au dialogue.

Surtout ne pas aborder le sujet sans préparation mais laisser plutôt venir les premiers mots possibles réclamant indirectement de l’aide. Savoir attendre….pour mieux entendre.

Pas de jugement ni de solution toute faite, seulement une écoute en laissant parler l’autre librement mais en lui témoignant un soutien muet et sincère et en l’occurrence de l’amitié et de l’amour.

En se rappelant ci-avant certains commentaires à éviter, à des moments jugés opportuns, certaines phrases plus douces pourront avoir la chance d’être mieux perçues comme :

« Tu as perdu du poids et je me préoccupe de toi » pour pouvoir dire ensuite « Je suis là ou je serai là pour t’écouter quand  tu auras envie d’en parler »

Eviter aussi de vouloir jouer au sauveteur ou de tenter de remplacer un thérapeute habilité au risque d’aggraver la situation.

Ne pas insister en cas d’opposition en se disant que l’on a  fait son possible.

Dans ce cas pourquoi pas aller chercher de l’aide pour soi-même qui permettrait ensuit de pouvoir aborder l’être concerné ?

Le fait d’accompagner le sujet anorexique dans des occupations qui le passionnent dérivatives à l’alimentation (comme on l’a vu plus haut page 2) permettra peut-être de le conduire progressivement sur le chemin de la renaissance.

 

Dans les méandres de l’anorexie, aucune formule miracle n’existe si ce n’est de la patience, de l’amour, le don de soi sans arrière-pensée ni jugement….

Seul l’être concerné pourra décider :

- Soit  de renaître enfin à la vie en trouvant la lumière divine au plus profond de son âme

- Soit de partir pour l’éternité pour libérer son âme de son « corps prison »

 

Conclusion

 

12 principes de la guérison des attitudes

- l’essence de l’être est amour

- la santé est la paix intérieure : guérir c’est laisser partir la peur

- donner et recevoir sont une même chose

- apprendre à lâcher prise du passé et du futur

- le présent est le seul temps qui existe et chaque instant est fait pour donner

- apprendre à s’aimer soi-même et à aimer les autres en pardonnant plutôt qu’en jugeant

- devenir une personne qui voit l’amour au lieu des défauts à l’intérieur d’un être

- choisir de garder sa paix intérieure quoi qu’il arrive à l’extérieur

- les êtres doivent tous être des étudiants et des enseignants les uns pour les autres

- regarder la vie d’une façon globale plutôt que fragmentée

- puisque l’amour est éternel, nul besoin de craindre la mort

- se percevoir ou percevoir autrui comme donnant de l’amour ou demandant de l’aide

 

 

Nadou MODOUX / Thérapeute  en Nutrition - diététique – détoxicologie

 

 

 

 

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Commenter cet article

jeanne 07/08/2015 21:16

Tout est simple ici-bas...oui !
Pourquoi me suis-je autant révoltée...

J'aurais bien aimé vous rencontrer quand j'avais 20 ans ! .

jeanne 07/08/2015 19:19

Merci pour ce texte qui va bien au-delà de la première strate de compréhension.

Je pourrais ajouter qu'il y a une multitude d'anorexies, parfois infiniment paradoxales.

Celle qui m'a habitée ne passait pas par la perte d'appétit.

J'étais un ogre anxieux et avide (d'aliments peu caloriques mais cela reste des nourritures terrestres), j'avais la rage de vivre, la rage tout court, et mon corps a connu un processus d'autodestruction.
Je me consumais.

C'est pour cette raison qu'il a été si difficile de m'en sortir : comment trouver une issue à une situation inextricable, quand dans les profondeurs de l'inconscient se battent le désir d'embrasser et de manger la vie, et le désir de la détruire.

Je pourrais aussi écrire que ce sont de vieux souvenirs pour moi, mais ce ne serait pas exact.
L'anorexie est très loin derrière moi sur ma ligne de vie, en revanche...ce qui l'a généré, la source située entre mon coeur et mon âme affamée, souffrant de na pas être nourrie, la source est toujours là.
Sinon je n'aurais pas autant d'émotions en lisant ce texte.

Alors...je sens l'angoisse monter et je vous remercie, même si ça fait mal et que je ne sais pas aller jusqu'à la racine de l'émotion, c'est toujours ça de pris sur mon chemin de nettoyage et de conscience.

boisvert 07/08/2015 20:05

Un beau témoignage Jeanne. L'essentiel est de voir les choses naturellement et avec optimisme. Tout est simple ici bas, c'est nous qui compliquons souvent toutes les choses, mais nous ne sommes pas forcément fautifs, nos scientifiques pataugent et comme ce sont d'après leurs recommandations que nous agissons, c'est difficile.

Al 26/02/2015 17:03

Bonjour, texte tres poignant et extremement touchant etant moi meme passé par la.
Pourrais je savoir d'où vous tirez la citation "couper de la matérialité du monde profane " car je la vois sur plusieurs sites sans sources.
Amicalement,

boisvert 26/02/2015 20:03

Je ne saurai trop vous répondre mais je pense que c'est sur un bouquin en rapport avec le jeûne thérapeutique. Désolé !

Nadou MODOUX 30/04/2014 11:41


Coucou Fernand et Mariel,


Oui tu as raison Mariel d'ajouter ce commentaire car il est  tout à fait juste.


C'est certainement une des raisons pour laquelle je suis devenue Conseilleuse alimentaire santé, il n'y a pas de hasard.


bien amicalement!


Nadou

symetrie 26/04/2014 13:46


merci pour ce texte très intéressant à lire comme d'habitude sur ce blog, de bons articles


au plaisir de vous lire à nouveau

boisvert 27/04/2014 06:35



Au plaisir !